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MASQUE MUMINIA, LEGA, RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO | Masque muminia
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Alexis Bonew acquit en 1970 de Tom Hombert ce masque noir tant convoité, que l'administrateur territorial Raymond Hombert, son époux, avait collecté en pays Lega, en 1927. Précieusement conservé à portée de regard, il fut pour Alexis Bonew, jusqu'à son dernier souffle, cet "unicum de beauté" (notes, 1997), qu'il considérera toujours comme le sommet de sa collection. Ce chef-d’œuvre inédit, rencontre magistrale de la force et du sensible, s'inscrit dans le plus étroit corpus des masques Lega. Des désormais trois archaïques masques muminia répertoriés (cf. Trésors d'Afrique, Musée de Tervuren, n° 210, collecté en 1952 par Daniel Biebuyck et Utotombo, p. 242, n° 243, collection privée belge, également acquis in situ dans les années 1950), il est le seul à avoir été collecté à l'époque où la société initiatique du Bwami n'avait pas encore été officiellement décrétée interdite par l'administration coloniale. Enfin, tandis que les deux autres masques connus sont éminemment apparentés, celui-ci s'impose comme une expression tant exceptionnelle qu'unique, du plus grand art Lega.  Ethique et beauté dans la dramaturgie du Bwami : le masque muminia de la collection Alexis Bonew\nPar Dr. Daniel Biebuyck\nA l'opposé des nombreuses masquettes en bois, en ivoire ou en os d'éléphant individuellement possédées par les initiés (cf. n° 6, 12 et 33), les grands masques Lega, également créés dans le contexte du Bwami, relèvent d'une propriété communautaire et sont destinés à être portés, sur le visage ou sur le haut du front. En dehors du masque kayamba, qui se caractérise par ses cornes, les deux autres types - idimu et muminia - se distinguent essentiellement par leur patine : blanchie au kaolin pour le premier; et obtenue par onction d'huile pour le second.\nLes masques mumimia sont très rares. Au cours des innombrables rites d'initiation auxquels j'ai assisté au sein de douze communautés rituelles distinctes, je n'en ai vu que très peu d'authentiques. Ils sont absents de la plupart des communautés, et cette notice constitue la synthèse de mes observations dans seulement quatre d'entre elles. Dans tous les cas, le masque était placé sous la garde d’un initié du grade lutumbo lwa yananio, parfois kindi, élevé au rang d'important précepteur (ou chef des rituels). Ce dernier possédait le droit de garde du masque, hérité par descendance directe d’une lignée patrilinéaire, au nom d’une alliance historique entre plusieurs communautés rituelles autonomes. Ce masque constituait donc le symbole d’un statut exclusif d'investiture patrilinéaire, tout autant qu'un objet à travers lequel différentes communautés claniques exprimaient une antique solidarité rituelle. Le masque et son gardien se devaient d'être présents dans le village des postulants pour que puissent débuter certains rituels. Il était donc qualifié d' « indispensable au déroulement des performances ».\nSelon les rituels, le masque muminia était soit fixé à une claie, soit porté devant le visage, sur le front ou le haut du crâne, ou encore placé sur la tempe, accompagné ou non d'autres types de masques. Sa longue barbe en fibre de raphia ou en fibre dérivée du tronc d’un certain bananier sauvage (lusaga/nsaga) s'étirait dès lors jusqu'à la poitrine ou les épaules, recouvrait le visage du porteur ou servait à caler le masque sur le haut du crâne. Les initiés reconnaissant le porteur comme l'un des leurs, ce dernier n'avait pas besoin de dissimuler son identité sous un costume ; mais son corps était paré d'une profusion de peaux animales (chat sauvage, genette), de peaux de serpent et de bouquets de plumes.\nLorsqu'il intervient, le porteur du masque ne danse pas mais il exécute plusieurs types de mouvements : il marche prudemment, gesticule, se contorsionne, s'accroupit, s'agenouille, tremble, zigzague, ou encore plaque au sol un acolyte et s’allonge sur lui. Au cours d'un rituel, un initié tira sur le masque une flèche factice, dans un autre il lui frotta les yeux avec des feuilles, ou il fut nourri symboliquement à l'aide d'une cuiller en ivoire. Dans une autre représentation très élaborée, fut mimée symboliquement la collecte de miel. Tandis qu'il performe, le masque est désigné par différents aphorismes stigmatisant des personnages négatifs (Bagarreur, Glouton, Séducteur, Coléreux, Batailleur, Arrogant, Irrespectueux, Irascible, Agressif), situés à l'opposé des codes sociaux, légaux et moraux du Bwami. Par la mise en scène critique des attitudes contraires au Bwami, le précepteur portant le masque muminia protège sa personne contre toute connotation maléfique, éventuelle récrimination ou encore transgression de tabous ; à travers le masque, il acquiert l’immunité.\nDans les rares cas où le masque est suspendu à une claie, entouré de masquettes en ivoire et en os, il est considéré comme un rappel des batailles historiques menées lors des migrations, à Atondo et Ikonge, au cours desquelles plusieurs clans Lega furent anéantis, et dont Katima fut le seul survivant. Tandis que les masquettes représentent les crânes des guerriers décédés, le masque muminia, placé au centre, évoquerait Katima, celui qui « inventa » ou « structura » l’association du Bwami.\nMuminia ne représente ni une divinité, ni un héros ou un être mythologique. A l'instar des objets d’initiation (masengo), son rôle, majeur, est de transmettre dans un contexte dramaturgique les valeurs, statuts, droits et privilèges essentiels de l’association du Bwami. S'y rejoignent ici, magistralement, les concepts d'éthique et de beauté en pays Lega.\nLega mask, muminia, Democratic Republic of the Congo\nIn 1970 Alexis Bonew acquired this highly coveted black mask from Tom Hombert. Her husband, the territorial administrator Raymond Hombert, had collected it in the Lega country in 1927. Preciously kept within sight, for Alexis Bonew the mask was the 'unicum of beauty' (Notes, 1997). Until his last breath it was always this object which represented the pinnacle of his collection. This unpublished masterpiece, a majestic meeting of strength and sensitivity, is from the smallest corpus of Lega masks. Of the three known archaic muminia masks (cf. Trésors d'Afrique, Musée de Tervuren, no. 210, collected in 1952 by Daniel Biebuyck, and Utotombo, p. 242, no. 243, from a Belgian private collection, also collected in situ in the 1950s), the offered mask is the only one to have been collected at a time when the bwami initiation society had not yet been officially banned by decree of the colonial administration. Finally, whilst the other two known masks are closely related, the offered mask stand alone as an exceptional and unique masterpiece of Lega art.\nEthics and Beauty in Bwami Dramaturgy: the Muminia Mask from the Collection of Alexis Bonew\nBy Daniel Biebuyck\nIn the context of the graded bwami association the Lega have created a large number of masquettes in wood, ivory and elephant bone (cf. lots 6, 12 and 33). These are status symbols possessed by individual intiates. The primary purpose of these masquettes is not to be worn on the head, temple or face. This contrasts with the purposes of the larger types of masks such as the whitened idimu, the horned kayamba and the oil-patinated muminia.\nIn the countless initiation rites I witnessed in twelve independent ritual communties I have seen very few genuine muminia masks (information here is a synthesis of what happened in four different communities; the masks are absent in numerous communities). Invariably the mask was in the custody of an initiate of lutumbo lwa yananio or kindi, usually a prominent preceptor (leader of the rituals). He held the right of guardianship of the mask, inherited in an almost direct patrilineal line of descent, on behalf of an historical alliance of several autonomous ritual communities. Thus the mask was a symbol of exclusive status vested in a patri-lineage and an object through which independent communities expressed ancient ritual solidarity. The mask and its guardian had to be present in the initiand’s village before certain rituals could be performed the mask was often referred to as “indispensable for the performances”. The initiand, his tutors and sponsors would send large payments to the guardian of the mask to entice him not to delay his arrival for the appropriate initiation.\nIn some rituals the muminia is fixed to a fence, in others it is worn in various ways: fixed before the face; placed on the forehead or skull; attached to a temple with or without other mask types. The mask always has a large renewable beard in raffia fibers (or the older “nsaga” fibers) that may cover the upper chest, the face (entirely or partly) or the shoulder of the performer. The beard may also serve as a cushion on which the mask rests on the skull. The masker does not wear a costume that would hide his identity (every initiate present at the rites knows that the masker is one of them); on various parts of the body he wears a profusion of animal hides (wild cat; genet), feather-trimmed snake skins and bunches of feathers.\n When the mask is worn, the masker does not dance , but performs in a dramatic context: walking cautiously, gesticulating, nodding, quivering, contorting, squatting, crouching, kneeling, hopping, crawling on elbows and knees, zigzagging, engaging in mock fight, flooring a second performer and laying down on him. In one rite an initiate shoots a mock arrow at the mask, in another one an initiate rubs the mask’s eyes with leaves, in yet another rite the masker is symbolically fed with an ivory spoon. In an elaborate performance the masker, followed by leaf waving initiates, symbolically mimes his search for honey. Aphorisms sung during these actions point to of negative characters (Braggart, Glutton, Seducer, Angry, Fighter, Arrogant, Disrespectful, Irascible, Agressive), the opposites of the social, legal and moral codes of bwami. In the dramatic context where attitudes contrary to bwami values are criticized, the preceptor wearing the muminia mask protects his persona from any evil connotations and possible recriminations and transgressions of taboos; through the mask he acquires immunity.\nIn those rare cases where the mask is fixed to a fence amidst ivory and bone masquettes it is said to remind of historical battles fought in Atondo and Ikonge in the course of the migrations in which several Lega clans were wiped out (the masquettes representing the skulls of the dead fighters). The lone survivor being Katima (evoked in the fence arrangement by the muminia mask). For some spokesmen this Katima was the one who “invented” or “structured”the bwami association.\nMuminia does not represent a divinity, a hero, an ancestor or a mythical being, but is simply one of the many initiation objects (masengo) that convey in dramatic context essential values, statuses, rights and privileges of the bwami association. This mask masterfully combines the Lega concepts of ethics and beauty.
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creator

Lega

condition

For condition information on this piece please contact the department +33 (0)1 53 05 53 35 "In response to your inquiry, we are pleased to provide you with a general report of the condition of the property described above. Since we are not professional conservators or restorers, we urge you to consult with a restorer or conservator of your choice who will be better able to provide a detailed, professional report. Prospective buyers should inspect each lot to satisfy themselves as to condition and must understand that any statement made by Sotheby's is merely a subjective, qualified opinion. Prospective buyers should also refer to any Important Notices regarding this sale, which are printed in the Sale Catalogue. NOTWITHSTANDING THIS REPORT OR ANY DISCUSSIONS CONCERNING A LOT, ALL LOTS ARE OFFERED AND SOLD AS IS" IN ACCORDANCE WITH THE CONDITIONS OF BUSINESS PRINTED IN THE SALE CATALOGUE."

dimensions

Haut. 22, 5 cm

provenance

Collecté in situ par l’administrateur territorial Raymond Hombert, en 1927 Collection Tom Hombert, Bruxelles Collection Alexis Bonew, Bruxelles, acquis le 24 février 1970


*Note: The price is not recalculated to the current value. It refers to the actual final price at the time the item was sold.

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