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Le tableau présenté est une redécouverte importante dans le corpus de l’œuvre de François Boucher puisque l’œuvre n’était, jusqu’à aujourd’hui connue des historiens d’art que par une gravure de Bonnefoy intitulée La Confidence. Synthèse parfaite du goût français dit rocaille, dans un état de conservation remarquable, cette œuvre est un «petit morceau du siècle des Lumières» parvenu jusqu’à nous. François Boucher, figure emblématique du foisonnement culturel qui se développe autour de la Marquise de Pompadour fut l’inventeur d’un style dont l’une des spécialités, qui connaitra un grand succès, sera la pastorale. Ce peintre de génie qui, bien qu’il travaillait beaucoup, avait une facilité à la création. Il était d’ailleurs décrit par le grand collectionneur Pierre-Jean Mariette comme suit : « Boucher est né peintre ; il en est peu qui le surpassent en facilité. On peut dire qu’il est né le pinceau à la main. »\nNous ne connaissons pas grand-chose de la formation de l’artiste mais il est évident que dans les années 1760, il était à l’apogée de son art et avait trouvé son style propre. La scène présentée illustre parfaitement ces pastorales que l'artiste a inventées avec la complicité de la marquise de Pompadour.\nAu XVIIIe siècle, la pastorale rejoint les thèmes chers à Rousseau qui prône un retour à la nature. Ces idées prendront corps avec la création de la bergerie que Marie-Antoinette fait installer à Versailles dès 1783.\nLes peintres de l’époque vont alors s’intéresser au paysage, genre qui avait été relégué au dernier plan dans les centres d’intérêt français où l’on privilégiait la peinture d’histoire ou encore les scènes mythologiques. Jean-Baptiste Oudry va encourager ses amis à peindre des paysages. Il organisa des randonnées à Arcueil dont le but était de peindre sur le motif les paysages alentour. Bien que François Boucher fit partie de ces randonnées il se remit très vite à peindre des vues idéalisées de la campagne romaine puis, des paysages imaginaires combinant des ruines classiques romaines et des vues imaginées du Veneto ou des bois de Campagnola.\nIl garda cependant toujours en tête cette idée du paysage qu’il fit vivre en y intégrant des groupes de paysans ou des bergers.\nVers la fin de sa carrière, le peintre se consacra presque entièrement à la représentation de ces peintures pastorales et de ces scènes champêtres. Ces scènes, généralement de petit format sont assez intimistes et contrastent avec les grands sujets mythologiques ou religieux qu’il peignait jusqu’alors. A la fin de sa vie, Boucher avait des problèmes de vue qui l’obligèrent  à abandonner la grande peinture à laquelle il était habitué pour peindre ces petites scènes dont le traitement d’une exécution très large à la façon d’une esquisse reste néanmoins méticuleux et soigné. Le peintre nous livre ainsi de petits tableaux très intimes où l’on retrouve ses sujets favoris qu’il a réussi à transformer grâce à son génie et à son aisance avec le pinceau pour nous proposer quelque chose qui fonctionne tout aussi bien. En 1765, le Mercure de France décrit ces petits tableaux comme suit : « On a peine à concevoir par quelle sorte de magie de l’art, un Artiste, accoutumé à ne travailler que dans le grand, est parvenu à se réduire dans cet autre genre, sans que son pinceau en soit devenu ni moins large ni moins libre. »\nDeux autres des quatre pastorales de Mme. Geoffrin sont toujours perdues; la quatrième, Le Départ du Courrier, est conservée au Metropolitan Museum of Art, New York (voir cat. exp. Boucher, 1986, no.78).\nNous remercions Monsieur Alastair Laing qui nous a confirmé l'authenticité de cette oeuvre après un examen direct et qui nous a aidé à retracer la provenance du tableau.\nSigné et daté en bas à droite f.Boucher/1764
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medium

Huile sur toile d'origine

creator

François Boucher

condition

The painting is overall in excellent condition. It is under a very dirty varnish. There is a little lack of painting in the upper left corner in the sky. Under UV light: Under a green uniform varnish. No visible restoration. "In response to your inquiry, we are pleased to provide you with a general report of the condition of the property described above. Since we are not professional conservators or restorers, we urge you to consult with a restorer or conservator of your choice who will be better able to provide a detailed, professional report. Prospective buyers should inspect each lot to satisfy themselves as to condition and must understand that any statement made by Sotheby's is merely a subjective, qualified opinion. Prospective buyers should also refer to any Important Notices regarding this sale, which are printed in the Sale Catalogue. NOTWITHSTANDING THIS REPORT OR ANY DISCUSSIONS CONCERNING A LOT, ALL LOTS ARE OFFERED AND SOLD AS IS" IN ACCORDANCE WITH THE CONDITIONS OF BUSINESS PRINTED IN THE SALE CATALOGUE."

dimensions

40 x 32cm

exhibition

Salon de 1765, n°11, il s'agit de l'une des "Quatre Pastorales, dont deux sont ovales, sous le même numéro.  Ces Tableaux ont environ 15 pouces de haut, sur 13 de large".

literature

A. Michel, François Boucher, Paris, [1906], Cat. Suppl. par L. Soullié & Ch. Masson, p.79, no.1436; A. Ananoff & D. Wildenstein, François Boucher, 1976, Paris & Lausanne, vol.2, p. 244, cat. no.596 (comme "disparu"),  avec reproduction de la gravure fig.1602; D. Diderot, Salons, ed. Jean Seznec, Oxford, vol.2, 2eédition, 1979, pp. 19 & 80-81 (avec une description de ce tableau comme no. 3) & 123 (où il dit que les quatre pastorales, avec sept petits paysages par Vernet, se trouvaient dans un boudoir de Mme. Geoffrin)

provenance

Collection de Marie-Thérèse Rodet, Madame Geoffrin (1699 - 1777); Probablement collection de sa fille, Marie-Thérèse, marquise de la Ferté-Imbault (1715-1791), puis de son neveu et légataire universel, Louis-Dominique, marquis de Maunay (et plus tard, d'Etampes; 1734-1815); Vente Paris, 27-28 Janvier 1845, Maître Simonet ; Château de Grosbois, propriété du Maréchal Berthier.

signedDate

Signé et daté en bas à droite f.Boucher/1764

creator_nationality_dates

Paris 1703 - 1770


*Note: The price is not recalculated to the current value. It refers to the actual final price at the time the item was sold.

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